Si votre logement est chauffé à l'électricité, sa classe DPE a peut-être changé depuis le 1er janvier 2026. Le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 (arrêté du 13 août 2025). Environ 850 000 logements sortent du statut de passoire thermique (classes F et G) et 7 millions de résidences principales gagnent au moins une classe, sans aucun travaux. Vous pouvez vérifier gratuitement votre nouvelle étiquette sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME en entrant le numéro à 13 chiffres de votre DPE actuel. Les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne sont quasiment pas impactés.
Ce qui a changé le 1er janvier 2026
Le DPE convertit votre consommation d'énergie finale (ce que vous payez) en énergie primaire (ce qu'il faut produire pour la fournir). Jusqu'au 31 décembre 2025, l'électricité était multipliée par un coefficient de 2,3 : pour 100 kWh consommés, le DPE comptait 230 kWh en énergie primaire. Ce coefficient, hérité d'une époque où le mix énergétique français était différent, pénalisait fortement les logements chauffés à l'électricité par rapport à ceux chauffés au gaz ou au fioul.
Depuis le 1er janvier 2026, ce coefficient est passé à 1,9 — aligné sur la valeur européenne définie par la directive 2023/1791. Les mêmes 100 kWh consommés ne comptent plus que pour 190 kWh en énergie primaire. Pour un logement tout électrique, la différence est suffisante pour gagner une, parfois deux classes énergétiques.
Pourquoi ce changement maintenant : le mix électrique français est décarboné à plus de 90 % grâce au nucléaire et aux renouvelables. Le coefficient de 2,3 ne reflétait plus cette réalité et pénalisait l'électricité au profit d'énergies fossiles importées. La réforme corrige cette incohérence et encourage l'électrification des logements, notamment via les pompes à chaleur.
Qui est concerné ?
Si votre logement est chauffé à l'électricité, vous êtes potentiellement concerné. Cela inclut les radiateurs électriques (convecteurs, panneaux rayonnants, radiateurs à inertie), les pompes à chaleur, et les ballons d'eau chaude électriques. Selon les données gouvernementales, 47 % des DPE de logements chauffés à l'électricité vont voir leur étiquette s'améliorer.
Les profils les plus impactés sont les suivants :
- Les petites surfaces (< 40 m²) chauffées à l'électricité — elles cumulent le bénéfice du nouveau coefficient avec les seuils adaptés déjà en place depuis février 2024. Certaines peuvent gagner deux classes.
- Les logements classés F ou G dont l'enveloppe est correcte — combles traités, menuiseries performantes, mais pénalisés par le coefficient électrique. Environ 850 000 d'entre eux sortent du statut de passoire thermique.
- Les logements équipés de pompes à chaleur — déjà performants en émissions CO2, ils étaient parfois moins bien classés que des logements au gaz à cause du coefficient. Cette anomalie est corrigée.
Si votre logement est chauffé au gaz, au fioul ou au bois, l'impact est marginal. Seule la part électrique (éclairage, auxiliaires) est recalculée. Votre étiquette restera globalement stable.
Comment vérifier votre nouvelle classe gratuitement
Vous n'avez pas besoin de faire intervenir un diagnostiqueur ni de payer quoi que ce soit. La procédure prend moins de deux minutes :
- Retrouvez votre DPE actuel. Il doit avoir été réalisé après le 1er juillet 2021 (date d'entrée en vigueur de la nouvelle méthode de calcul). Le numéro ADEME à 13 chiffres se trouve en haut à droite du document.
- Rendez-vous sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME. Entrez votre numéro de DPE dans le champ de recherche.
- Téléchargez votre attestation. Le système recalcule automatiquement votre étiquette avec le nouveau coefficient. L'attestation a la même valeur légale que le DPE original et reste valable jusqu'à la fin de sa période de validité.
Important : si votre DPE a été réalisé avant le 1er juillet 2021, la mise à jour gratuite n'est pas possible. Vous devrez faire réaliser un nouveau DPE par un diagnostiqueur (comptez 150 à 300 €). Les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont d'ailleurs plus valables depuis le 1er janvier 2025.
Ce que ça change si vous vendez
Un logement qui passe de F à E ou de G à F gagne en attractivité immédiate sur le marché. Les études de marché montrent qu'une amélioration d'une classe énergétique peut représenter une plus-value de plusieurs milliers d'euros, et surtout réduire la marge de négociation d'un acheteur qui aurait utilisé la mauvaise étiquette comme levier de décote.
Si vous êtes en cours de vente ou si vous envisagez de vendre dans les prochains mois, téléchargez votre attestation actualisée et intégrez-la à votre dossier de vente. C'est un argument concret, vérifiable, et gratuit. Pour constituer un dossier de vente complet, consultez notre guide pour vendre sa maison en 2026.
Ce que ça change si vous louez
L'enjeu est encore plus direct pour les propriétaires bailleurs. Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025 (pour les nouveaux baux et renouvellements). Les logements classés F le seront à partir de 2028.
Un logement qui passe de G à F grâce au nouveau coefficient reste soumis à l'interdiction de 2028, mais gagne trois ans de répit. Un logement qui passe de F à E échappe complètement aux interdictions actuellement prévues. Pour les propriétaires bailleurs concernés, la mise à jour gratuite sur le site de l'ADEME n'est pas un détail administratif — c'est ce qui détermine s'ils peuvent continuer à louer ou non.
Ce que la réforme ne change pas
Le nouveau coefficient améliore la note sur le papier. Il ne modifie ni votre consommation réelle, ni vos factures d'énergie, ni votre confort thermique. Un logement mal isolé avec des radiateurs électriques consommera toujours autant — il sera simplement mieux classé administrativement.
C'est la nuance essentielle à garder en tête : la réforme change le calcul, pas la performance réelle du bien. L'isolation des murs, de la toiture, le remplacement des menuiseries et l'installation d'une ventilation performante restent les seuls leviers pour réduire réellement la consommation et améliorer le confort.
Un bien qui passe de G à E grâce au nouveau coefficient sans avoir fait de travaux ne deviendra pas un logement confortable pour autant. Et un acheteur averti le sait.
Pourquoi documenter ce changement dans votre carnet
Votre logement vient de gagner une classe énergétique. C'est une information qui a de la valeur — à la vente, à la location, pour un financement. Mais si elle n'est notée nulle part, elle sera oubliée au prochain changement de propriétaire, comme toutes les autres informations qui disparaissent quand un bien change de main.
C'est exactement ce type d'événement qui devrait être tracé dans l'historique du logement : la date du changement de classe, l'attestation ADEME associée, l'ancien et le nouveau DPE. Plus tard, quand des travaux d'isolation seront réalisés et qu'un nouveau DPE sera édité, l'historique complet montrera la trajectoire énergétique du bien — pas juste une photo à un instant T.
Relai Confiance permet de centraliser ce type d'information dans un carnet de santé numérique du logement. L'attestation DPE, comme tous les documents liés au bien, peut y être importée et archivée. Le jour où le bien change de main, tout suit.
Un DPE ne raconte qu'un instant. L'historique énergétique d'un bien raconte sa trajectoire. C'est la trajectoire qui rassure un acheteur.
Questions fréquentes
Mon logement est-il concerné par la réforme ?
Si votre logement est chauffé à l'électricité (radiateurs, pompe à chaleur, ballon électrique), il est potentiellement concerné. Les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne sont quasiment pas impactés.
Comment vérifier gratuitement ma nouvelle classe ?
Sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME. Entrez votre numéro de DPE à 13 chiffres. Le système recalcule votre étiquette et génère une attestation officielle gratuite, sans nouvelle visite.
Faut-il refaire son DPE ?
Non. Les DPE réalisés avant le 1er janvier 2026 restent valables pendant leur durée légale de 10 ans. L'attestation gratuite suffit pour toute transaction.
Un logement peut-il voir sa classe se dégrader ?
Non. Aucun logement ne verra son étiquette se dégrader suite à cette réforme.
La réforme réduit-elle ma consommation réelle ?
Non. La méthode de calcul change, pas la consommation. Vos factures et votre confort restent identiques. Seule l'étiquette administrative évolue.
- economie.gouv.fr — Un nouveau DPE au 1er janvier 2026
- Ministère de la Transition Écologique — Communiqué arrêté DPE, 26 août 2025
- FAQ officielle — Modification du facteur de conversion en énergie primaire de l'électricité
- Arrêté du 13 août 2025, publié au Journal Officiel le 26 août 2025
- Directive européenne 2023/1791 sur l'efficacité énergétique